Camera RAW Workflow

(English version below)

On m’a demandé quel est mon cheminement dans Lightroom à partir d’un fichier RAW. Je n’utilise pas Lightroom, mais plutôt Photoshop pour la postproduction de mes fichiers RAW. Ceux qui utilisent Photoshop à partir d’un fichier RAW, savent tous qu’un passage par Camera RAW est l’étape initiale avant de pouvoir accéder à Photoshop. De plus, Camera Raw offre les mêmes contrôles de bases que Lightroom: ajustement de la plage dynamique, étalonnage de la balance des blancs, gestions du bruit, contrôle du contraste, de la saturation, maximisation des demi-tons, maximisation de la netteté, etc, etc. Alors, pourquoi utiliser Camera RAW et Photoshop me direz-vous ? La réponse est simple et sans équivoque, Photoshop est conçu pour aller plus loin. À l’origine Lightroom était une application de catalogage. Son rôle étant de faciliter la tâche de répertorier les centaines d’images (pour ne pas dire les milliers) que la photo numérique nous donne la possibilité de créer. Au fil des années, Adobe a ajouté de plus en plus de fonctions à cette application. Pinceaux ajustables, ajustements localisés, filtres, etc. Mais tout cela ne fait qu’office de hors-d’oeuvre dans le processus de postproduction. Afin de maximiser l’impact d’une image, il y a tellement plus à faire que quelques ajustements. Par exemple, après avoir fait les ajustements qui s’imposent pourquoi ne pas recomposer son image pour lui donner plus d’impact. Vous avez des problèmes d’éléments indésirables qui rendent la lecture difficile ou moins efficace. Vous n’aimez vraiment pas l’arrière-plan, rien ne vous oblige de le garder. Vous trouvez que votre balance des blancs automatique n’a pas bien fonctionné, voilà le moment de l’ajuster. Si après avoir fait vos ajustements de base vous aimeriez aller plus loin dans la postproduction, Photoshop offre beaucoup plus de possibilités que Lightroom. Voilà pourquoi les pros de l’image ne se servent de Lightroom que pour sa fonction catalogage, partage et éventuellement sauvegarde dans le Nuage. Bien entendu, si votre image est parfaite du premier coup et chaque fois, la postproduction a beaucoup moins d’importance et de simples ajustements dans Lightroom feront bien l’affaire. Mais, si vous désirez exploiter tout le potentiel graphique d’une image, Photoshop est l’instrument de choix. Je préfère tout faire dans Photoshop, car dans ce programme, j’ai la possibilité d’utiliser des calques et que même ceux-ci peuvent être modifiés au moyen de masques. Chaque modification peut se faire complètement indépendamment des autres. Voici un exemple très concret. La majorité d’entre nous, surtout ceux qui font de la photo animalière doivent souvent affronter des situations où la lumière n’est pas optimale. En ce qui me concerne, je serais prêt à parier qu’il s’agit de la plupart du temps, toutes saisons confondues. Pas un gros problème lorsqu’on a un sujet coopératif (un rapace avec une proie, un Grand-duc qui somnole, un héron qui fait sa toilette, une Lapone qui digère, etc.)  Mais, lorsqu’il s’agit d’une paruline, un viréo, un grimpereau ou une oriole qui virevolte, la vitesse d’obturation est de la plus grande importance. Si, en plus la lumière fait défaut et que le flash se languit à la maison, les ISO grimpent et quand ils grimpent le bruit fait place au détail. Et quand l’arrière-plan est pollué – surtout si en prime on avait sous-exposé, et que le bruit nous vole des détails dans le sujet principal que faire ? Que faire quand l’arrière-plan est moche. L’arrière-plan est d’une telle importance qu’il peut faire toute la différence. Ce qui explique pourquoi, lorsqu’il est impossible en tournant autour de notre sujet de trouver un meilleur point de vue, on abandonne des fois cette occasion de prendre la photo. Les plus habiles la prendront quand même sachant qu’avec Photoshop et un peu d’expérience on pourra “s’occuper” du bg plus tard. Photoshop est un programme très puissant. Tellement puissant qu’on l’associe souvent à trichage. C’est vrai, on peut remplacer des têtes, rendre des corps plus minces, enlever des boutons sur le visage de nos amis. Mais, on peut surtout rendre nos images plus efficaces. Sans tricher, tout simplement en mettant en évidence certains éléments. En ajustant les tonalités, en corrigeant des défauts comme les aberrations chromatiques ou de perspectives en atténuant les défauts de nos optiques plus petites et moins chères. Etc., etc. Voici pour le préambule. NB, je n’ai pas la version française de Photoshop, j’utiliserai donc certains termes anglais… Mais, si vous observez bien les vignettes, vous verrez que chaque onglet comporte un petit symbole juste au bas de l’histogramme. Celui-ci est le même peu importe la langue.. Passons maintenant à ce que je fais tous les jours avec mes fichiers RAW. Lorsque vous visionnez vos images en format RAW (nef pour Nikon, CR2 pour Canon etc..) Si Photoshop est installé sur votre ordinateur ou si vous êtes en train d’évaluer gratuitement la version CC vous pouvez visionner vos images dans le catalogue Bridge qui est le compagnon de toutes les versions de l’application Photoshop. En double-cliquant le fichier nef ou cr2 il s’ouvrira dans Camera RAW afin de le convertir en un fichier que Photoshop pourra traiter. Voici donc ma recette de réglages avant de passer au traitement graphique dans Photoshop.

Dans Camera RAW:

1e étape: profiter de l’onglet “Lens Corrections” afin d’identifier l’objectif utilisé en cliquant sur le menu “Profile” et en cochant la case “Enable Profile Corrections”. Ceci permettra d’ouvrir un menu offrant la liste des objectifs les plus courants selon les marques. La majorité du temps (si Camera RAW est à date) votre objectif sera sélectionné automatiquement. Sinon, vous aurez la possibilité de le choisir manuellement. Vous aurez aussi la possibilité de corriger les aberrations chromatiques de votre lentille. Le deuxième menu, “Manuel” permettra de corriger les distorsions, les erreurs de réfringence (ces franges de couleur verte ou violette qui sont souvent produites sous certaines conditions lumineuses. Certains objectifs causent aussi du vignettage, et c’est ici que vous pourrez alors le corriger avant de passer à Photoshop.

2e étape: Les réglages de bases (balance des blancs, exposition, contraste, luminosité, netteté, saturation). C’est dans cet onglet représenté par un diaphragme que j’ajusterai ces paramètres en gardant un oeil sur l’histogramme qui changera au fur et à mesure que je pousse les curseurs dans un sens ou dans l’autre. On peut aussi cliquer sur les cases en haut à gauche (limite des noirs) et celle en haut à droite (limite des blancs) afin de voir apparaître sur la photo des indicateurs de perte de détails dans les blancs (indications en rouge) et de pertes de détails dans les noirs (indications en violet). La règle d’or est bien sûr d’exploiter au maximum la plage dynamique que le fichier RAW nous offre. Chaque image présentera une courbe d’histogramme différente, car l’histogramme n’est qu’une représentation de la somme (quantité) de chacune des couleurs (rouge, bleu et vert). Une image exposée correctement devrait donc avoir une courbe plus ou moins centrée. Si la courbe est tout à gauche, l’image est sous-exposée et si elle est tout à droite, surexposée. Il s’agit donc détendre la plage dynamique afin que les blancs soient le plus dense possible sans pour autant perdre les détails (blancs crevés). On fera la même chose pour les noirs. Si dans la recherche de noirs bien denses on voit que nos zones sombres le deviennent trop, on peut corriger en tirant vers la droite sur le curseur “shadows”. Même chose pour les blancs, en tirant vers la gauche sur le curseur “highlights” on pourra repêcher des détails perdus dans certaines zones claires. Je n’utilise que rarement le curseur “saturation”, car je trouve que dernièrement les capteurs souffrent de sursaturation en général. Mieux vaut baisser un peu la saturation et corriger avec le curseur “vibrance”, car cela offrira des couleurs plus proches de la réalité. Si votre image a été captée dans un environnement très contrasté (soleil plombant par exemple), vous pourrez diminuer le contraste dans ce menu avec le curseur “contrast”. Je ne touche jamais au curseur “clarity” qui affecte la netteté. La netteté devrait toujours être ajustée à la toute dernière étape de l’édition d’une image et toujours en fonction de la vocation finale de celle-ci (image destinée à l’impression ou simplement au visionnement sur un écran). Mais cela pourrait faire l’objet d’une autre chronique.

3e étape: depuis quelques versions déjà, Camera RAW nous offre une fonction qui s’appelle “Dehaze” et qui est très pratique pour faire des ajustements globaux à l’image. On trouve cette fonction à l’onglet fx. Je m’en sers souvent pour les images animalières et les paysages. À l’origine cette fonction a été créée afin d’enlever le voile qui afflige souvent nos paysages dans certaines conditions lumineuses et avec des objectifs non corrigés pour ce voile ou sans filtre “Haze” ou “UV”. Son utilisation comprend des corrections sur les demi-tons et le contraste et donne souvent de très bons résultats sur le plumage des oiseaux. Faite attention cependant à ne pas trop assombrir les ombres ou éclaircir les blancs que vous aviez déjà bien ajustés à l’étape 1e. Après avoir ajusté l’image au moyen du filtre “dehaze” on devrait toujours retourner à l’étape 1e afin de vérifier les détails de notre image et apporter des microcorrections si nécessaire.

4e étape: je visite la page de la netteté et de la réduction du bruit dont l’onglet sous l’histogramme est représenté par deux triangles. Dans la majorité des cas, j’utilise les paramètres suivants qui m’offrent la possibilité de réduire le bruit sans trop écraser les détails. Sous netteté “amount” = 25; radius = 0.5; “detail” = 100. Sous la section réduction du bruit: “luminance” = 1 (ceci me permet de mettre une valeur quant au contraste lumineux que j’ajuste à 50. Je laisse les autres valeurs à leur défaut dans cette section. En résumé: Netteté = 25; “radius” = 0.5; “detail” = 100. Section “Reduction du Bruit”, “luminance = 1; “luminance detail” = 50; “luminance contrast” = 50; “color” = 25; “color detail” = 50; “color smoothness”= 50. Il est très important de ne pas trop augmenter la netteté, car si votre image contient du bruit qui sera visible à un grossissement de 100%, augmenter la netteté augmentera aussi la netteté du bruit. Évidemment, une image captée à ISO 100 contiendra beaucoup moins de bruit qu’une image captée à ISO 3200. À l’inverse, trop réduire le bruit aura pour cause d’écraser les détails. C’est pour cela que cette étape est de la plus haute importance. NB, si votre image était sous-exposée à l’origine, corriger l’exposition aura pour effet d’introduire du bruit en plus ou moins grande quantité dépendant de l’étendue de la sous-exposition et de l’ISO choisi. Il est préférable en général d’errer un peu du côté de la surexposition que l’inverse lors de la prise de vue. Mais, là encore la modération est de mise. Souvent lorsqu’on shoot un oiseau comme cette mésange on est confronter au dilemme du contraste et de l’exposition correcte des blancs et des noirs. Une image captée en jpg sera beaucoup plus problématique à corriger q’une image captée en RAW. De toute évidence, la plage dynamique offerte par les capteurs de différents boîtiers est de la plus grande importance dans cette discussion. Voilà ce qui conclut mon cheminement dans Camera RAW, il ne reste plus qu’à ouvrir l’image dans Photoshop afin de poursuivre la postproduction. Je suis certain que les contrôles de Camera RAW dont je viens de parler sont aussi disponibles dans votre Lightroom et que leur utilisation devrait produire les mêmes effets. NB, à l’exception de la 4e étape les valeurs dépendent entièrement de l’image à traiter. Quant à la 4e étape, les valeurs affichées devraient s’appliquer à environ 95% des images. Car, au risque de me répéter, ces valeurs tiennent compte du principe de ne jamais trop augmenter la netteté. Celle-ci devrait être ajustée en tout dernier et dépendant de la vocation de l’image (écran HD, Web, impression, etc). Et de ne jamais trop écraser le bruit, car vous perdrez beaucoup de netteté ce faisant. Voici donc l’image nef (RAW) avant les ajustements et après. Je vous invite à me faire part de vos commentaires ou questions. Vous trouverez en bas de page une image prête à mettre en ligne après l’avoir post traité dans Photoshop.. Cliquez dessus pour l’agrandir.

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People often ask me what steps I follow in Lightroom to optimize my RAW images. I don’t use Lightroom but rather Photoshop CC  because I find it too limited in its editing possibilities. I like using multiple layers and masks as I make my final edits. However, when you shoot RAW you obviously need to go through a RAW converter so that Photoshop can handle the data. This is where Camera RAW comes in. As soon as you double click on a RAW file in Bridge, it will automatically offer a Camera RAW window for the initial edits after which your image will open up in Photoshop. Bridge is the catalog/viewer which bundles with Photoshop. So here are the steps I follow in Camera RAW 95% of the time:

My first Step is to tell the program what lens was used for the shot so that the proper lens characteristic corrections can be applied. These will take care of chromatic aberrations inherent in a given lens and also minor distortions. I always check the “Remove Chromatic Aberration” and “Enable Profile Corrections” which gives access to the Lens Profile Drop-down Menu where you can select the lens used for that particular shot. In this case I was using the Nikon 200-500mm. You can also perform some manual corrections by going to the “Manual” tab such as correcting “barrel” or “pin-cushion” distortion, fringing and lens vignetting.

 

My second step is always to take advantage of the full dynamic range offered by the frame in question. This is done with the Exposure controls keeping an eye on the histogram and an eye on your white areas and your black areas. You can also click on the “clipping warning” boxes at each top extremety of the histogram to give an idea of how far you can go. I prefer to eyeball the whites and the blacks in the shot since I am always doing my edits on a recently calibrated screen. Once you have found maximum white and maximum black densities. Make sure that you have not blown the whites or the blacks (loss of detail) . If you whites are blown you can pull back on the “highlights” tab. Conversely, if your blacks lost all detail you can retrieve detail (if you had a correct RAW exposure to start with) by pushing the “shadows” box to the right.

My third step is to futher tweak the Exposure with the help of the “dehaze” filter which is available under the “FX” tab. This control is extremely effective as it works on several areas of the image at the same time but mainly on the mid-tones and the contrast. So, once you have found the most pleasing setting you may have to go back to the “exposure” tab to re-tweak the whites and blacks or possibly even the highlights and/or the shadows areas.

My 4th and final step is to adjust sharpness and control noise. As you know, when you shoot in .jpg mode the processor in the camera body does this automatically with little control on your part except for the parameters chosen before hand in the camera body menu. Professionals prefer to shoot in Raw since the final control can be applied selectively and on an image by image basis. This is why this 4th step is extremely important. Too much sharpening will have a deleterious effect on the image as it will also sharpen the noise inherent in the image and more or less present depending on the ISO settings, whether the image was properly exposed and the abiltity to manage noise which is also a function of the sensor brand, size and number of photo sites (pixels) used to gather the light. The more closely packed the photosites are, the more noise is generated in the process. The following settings are the ones I find work best with my equipment (Nikon D500 and D750). You may want to mildly adjust them according to your own equipment. But they can be used as a general basis. You will notice that I keep the sharpening amount to its preset value of 25. Reason is, I prefer to keep the final sharpening as my last edit in Photoshop itself. Final sharpening should always be a function of the size of the image to be viewed or printed. After all other adjustments espeically the final crop. But this is complicated and best reserved as material for a separate blog article. So, my first adjustment is the “radius” which I drop down to a value of 0.5. Next comes the “detail” value which I up to its max of 100%. That’s it for the “Sharpening ” section of this screen. Next is the noise control. As implied above, depending on sensor quality and size, ISO and proper exposure, over de-noising will cause a general loss of detail. So, here is what I do in Camera RAW in most cases (proper exposure and an ISO range that is properly managed by the camera sensor and processor). For my equipment, I usually achieve excellent to reasonable quality in an ISO range of 100 to 2000. So, the only control I am usually concerned with are the “detail” and “luminance” values. These are both grayed out by default. In order to make them active I add a digit of “1” on the first line (luminance). This will offer a preset of 50 on the second line (luminance detail) which is fine. I then punch in a figure of 50 on the third line (luminance contrast). Selecting a higher value could result in oversharpening and is best left to further edits in Photoshop depending on the end result in mind. There is usually no benefit in changing any of the defaults that pertain to color noise – the last three lines. I keep them at their presets of 25; 50 & 50. That’s it for Camera RAW. The rest of my workflow is all done within Photoshop. In other words the edits I just described are what will allow me to recompose (crop), adjust perspective and horizon, retouch deffects; remove unwanted elements, adjust hues and tones, add or subtract elements etc. My final step is always sharpness correction according to final use. I hope this answers some of your questions as far as the prep work is concerned and should encourage you to proceed to Photoshop. Lightroom is best at cataloging and minor edits. The heavy work is best done in Photoshop since it offers layering and masking capabilities. Here’s the side by side view of the image with the above settings applied. You will notice that the details in the white areas were preserved and that a nice range of tones from blacks to whites is also achieved. Finally, you will see the final image after having completed de final post-production in Photoshop for this image intended for Flickr or Fb. Click on the image to enlarge it into Lightbox.

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