Camera RAW Workflow

Camera RAW Workflow

(English version below)

On m’a demandé quel est mon cheminement dans Lightroom à partir d’un fichier RAW. Je n’utilise pas Lightroom, mais plutôt Photoshop pour la postproduction de mes fichiers RAW. Ceux qui utilisent Photoshop à partir d’un fichier RAW, savent tous qu’un passage par Camera RAW est l’étape initiale avant de pouvoir accéder à Photoshop. De plus, Camera Raw offre les mêmes contrôles de bases que Lightroom: ajustement de la plage dynamique, étalonnage de la balance des blancs, gestions du bruit, contrôle du contraste, de la saturation, maximisation des demi-tons, maximisation de la netteté, etc, etc. Alors, pourquoi utiliser Camera RAW et Photoshop me direz-vous ? La réponse est simple et sans équivoque, Photoshop est conçu pour aller plus loin. À l’origine Lightroom était une application de catalogage. Son rôle étant de faciliter la tâche de répertorier les centaines d’images (pour ne pas dire les milliers) que la photo numérique nous donne la possibilité de créer. Au fil des années, Adobe a ajouté de plus en plus de fonctions à cette application. Pinceaux ajustables, ajustements localisés, filtres, etc. Mais tout cela ne fait qu’office de hors-d’oeuvre dans le processus de postproduction. Afin de maximiser l’impact d’une image, il y a tellement plus à faire que quelques ajustements. Par exemple, après avoir fait les ajustements qui s’imposent pourquoi ne pas recomposer son image pour lui donner plus d’impact. Vous avez des problèmes d’éléments indésirables qui rendent la lecture difficile ou moins efficace. Vous n’aimez vraiment pas l’arrière-plan, rien ne vous oblige de le garder. Vous trouvez que votre balance des blancs automatique n’a pas bien fonctionné, voilà le moment de l’ajuster. Si après avoir fait vos ajustements de base vous aimeriez aller plus loin dans la postproduction, Photoshop offre beaucoup plus de possibilités que Lightroom. Voilà pourquoi les pros de l’image ne se servent de Lightroom que pour sa fonction catalogage, partage et éventuellement sauvegarde dans le Nuage. Bien entendu, si votre image est parfaite du premier coup et chaque fois, la postproduction a beaucoup moins d’importance et de simples ajustements dans Lightroom feront bien l’affaire. Mais, si vous désirez exploiter tout le potentiel graphique d’une image, Photoshop est l’instrument de choix. Je préfère tout faire dans Photoshop, car dans ce programme, j’ai la possibilité d’utiliser des calques et que même ceux-ci peuvent être modifiés au moyen de masques. Chaque modification peut se faire complètement indépendamment des autres. Voici un exemple très concret. La majorité d’entre nous, surtout ceux qui font de la photo animalière doivent souvent affronter des situations où la lumière n’est pas optimale. En ce qui me concerne, je serais prêt à parier qu’il s’agit de la plupart du temps, toutes saisons confondues. Pas un gros problème lorsqu’on a un sujet coopératif (un rapace avec une proie, un Grand-duc qui somnole, un héron qui fait sa toilette, une Lapone qui digère, etc.)  Mais, lorsqu’il s’agit d’une paruline, un viréo, un grimpereau ou une oriole qui virevolte, la vitesse d’obturation est de la plus grande importance. Si, en plus la lumière fait défaut et que le flash se languit à la maison, les ISO grimpent et quand ils grimpent le bruit fait place au détail. Et quand l’arrière-plan est pollué – surtout si en prime on avait sous-exposé, et que le bruit nous vole des détails dans le sujet principal que faire ? Que faire quand l’arrière-plan est moche. L’arrière-plan est d’une telle importance qu’il peut faire toute la différence. Ce qui explique pourquoi, lorsqu’il est impossible en tournant autour de notre sujet de trouver un meilleur point de vue, on abandonne des fois cette occasion de prendre la photo. Les plus habiles la prendront quand même sachant qu’avec Photoshop et un peu d’expérience on pourra “s’occuper” du bg plus tard. Photoshop est un programme très puissant. Tellement puissant qu’on l’associe souvent à trichage. C’est vrai, on peut remplacer des têtes, rendre des corps plus minces, enlever des boutons sur le visage de nos amis. Mais, on peut surtout rendre nos images plus efficaces. Sans tricher, tout simplement en mettant en évidence certains éléments. En ajustant les tonalités, en corrigeant des défauts comme les aberrations chromatiques ou de perspectives en atténuant les défauts de nos optiques plus petites et moins chères. Etc., etc. Voici pour le préambule. NB, je n’ai pas la version française de Photoshop, j’utiliserai donc certains termes anglais… Mais, si vous observez bien les vignettes, vous verrez que chaque onglet comporte un petit symbole juste au bas de l’histogramme. Celui-ci est le même peu importe la langue.. Passons maintenant à ce que je fais tous les jours avec mes fichiers RAW. Lorsque vous visionnez vos images en format RAW (nef pour Nikon, CR2 pour Canon etc..) Si Photoshop est installé sur votre ordinateur ou si vous êtes en train d’évaluer gratuitement la version CC vous pouvez visionner vos images dans le catalogue Bridge qui est le compagnon de toutes les versions de l’application Photoshop. En double-cliquant le fichier nef ou cr2 il s’ouvrira dans Camera RAW afin de le convertir en un fichier que Photoshop pourra traiter. Voici donc ma recette de réglages avant de passer au traitement graphique dans Photoshop.

Dans Camera RAW:

1e étape: profiter de l’onglet “Lens Corrections” afin d’identifier l’objectif utilisé en cliquant sur le menu “Profile” et en cochant la case “Enable Profile Corrections”. Ceci permettra d’ouvrir un menu offrant la liste des objectifs les plus courants selon les marques. La majorité du temps (si Camera RAW est à date) votre objectif sera sélectionné automatiquement. Sinon, vous aurez la possibilité de le choisir manuellement. Vous aurez aussi la possibilité de corriger les aberrations chromatiques de votre lentille. Le deuxième menu, “Manuel” permettra de corriger les distorsions, les erreurs de réfringence (ces franges de couleur verte ou violette qui sont souvent produites sous certaines conditions lumineuses. Certains objectifs causent aussi du vignettage, et c’est ici que vous pourrez alors le corriger avant de passer à Photoshop.

2e étape: Les réglages de bases (balance des blancs, exposition, contraste, luminosité, netteté, saturation). C’est dans cet onglet représenté par un diaphragme que j’ajusterai ces paramètres en gardant un oeil sur l’histogramme qui changera au fur et à mesure que je pousse les curseurs dans un sens ou dans l’autre. On peut aussi cliquer sur les cases en haut à gauche (limite des noirs) et celle en haut à droite (limite des blancs) afin de voir apparaître sur la photo des indicateurs de perte de détails dans les blancs (indications en rouge) et de pertes de détails dans les noirs (indications en violet). La règle d’or est bien sûr d’exploiter au maximum la plage dynamique que le fichier RAW nous offre. Chaque image présentera une courbe d’histogramme différente, car l’histogramme n’est qu’une représentation de la somme (quantité) de chacune des couleurs (rouge, bleu et vert). Une image exposée correctement devrait donc avoir une courbe plus ou moins centrée. Si la courbe est tout à gauche, l’image est sous-exposée et si elle est tout à droite, surexposée. Il s’agit donc détendre la plage dynamique afin que les blancs soient le plus dense possible sans pour autant perdre les détails (blancs crevés). On fera la même chose pour les noirs. Si dans la recherche de noirs bien denses on voit que nos zones sombres le deviennent trop, on peut corriger en tirant vers la droite sur le curseur “shadows”. Même chose pour les blancs, en tirant vers la gauche sur le curseur “highlights” on pourra repêcher des détails perdus dans certaines zones claires. Je n’utilise que rarement le curseur “saturation”, car je trouve que dernièrement les capteurs souffrent de sursaturation en général. Mieux vaut baisser un peu la saturation et corriger avec le curseur “vibrance”, car cela offrira des couleurs plus proches de la réalité. Si votre image a été captée dans un environnement très contrasté (soleil plombant par exemple), vous pourrez diminuer le contraste dans ce menu avec le curseur “contrast”. Je ne touche jamais au curseur “clarity” qui affecte la netteté. La netteté devrait toujours être ajustée à la toute dernière étape de l’édition d’une image et toujours en fonction de la vocation finale de celle-ci (image destinée à l’impression ou simplement au visionnement sur un écran). Mais cela pourrait faire l’objet d’une autre chronique.

3e étape: depuis quelques versions déjà, Camera RAW nous offre une fonction qui s’appelle “Dehaze” et qui est très pratique pour faire des ajustements globaux à l’image. On trouve cette fonction à l’onglet fx. Je m’en sers souvent pour les images animalières et les paysages. À l’origine cette fonction a été créée afin d’enlever le voile qui afflige souvent nos paysages dans certaines conditions lumineuses et avec des objectifs non corrigés pour ce voile ou sans filtre “Haze” ou “UV”. Son utilisation comprend des corrections sur les demi-tons et le contraste et donne souvent de très bons résultats sur le plumage des oiseaux. Faite attention cependant à ne pas trop assombrir les ombres ou éclaircir les blancs que vous aviez déjà bien ajustés à l’étape 1e. Après avoir ajusté l’image au moyen du filtre “dehaze” on devrait toujours retourner à l’étape 1e afin de vérifier les détails de notre image et apporter des microcorrections si nécessaire.

4e étape: je visite la page de la netteté et de la réduction du bruit dont l’onglet sous l’histogramme est représenté par deux triangles. Dans la majorité des cas, j’utilise les paramètres suivants qui m’offrent la possibilité de réduire le bruit sans trop écraser les détails. Sous netteté “amount” = 25; radius = 0.5; “detail” = 100. Sous la section réduction du bruit: “luminance” = 1 (ceci me permet de mettre une valeur quant au contraste lumineux que j’ajuste à 50. Je laisse les autres valeurs à leur défaut dans cette section. En résumé: Netteté = 25; “radius” = 0.5; “detail” = 100. Section “Reduction du Bruit”, “luminance = 1; “luminance detail” = 50; “luminance contrast” = 50; “color” = 25; “color detail” = 50; “color smoothness”= 50. Il est très important de ne pas trop augmenter la netteté, car si votre image contient du bruit qui sera visible à un grossissement de 100%, augmenter la netteté augmentera aussi la netteté du bruit. Évidemment, une image captée à ISO 100 contiendra beaucoup moins de bruit qu’une image captée à ISO 3200. À l’inverse, trop réduire le bruit aura pour cause d’écraser les détails. C’est pour cela que cette étape est de la plus haute importance. NB, si votre image était sous-exposée à l’origine, corriger l’exposition aura pour effet d’introduire du bruit en plus ou moins grande quantité dépendant de l’étendue de la sous-exposition et de l’ISO choisi. Il est préférable en général d’errer un peu du côté de la surexposition que l’inverse lors de la prise de vue. Mais, là encore la modération est de mise. Souvent lorsqu’on shoot un oiseau comme cette mésange on est confronter au dilemme du contraste et de l’exposition correcte des blancs et des noirs. Une image captée en jpg sera beaucoup plus problématique à corriger q’une image captée en RAW. De toute évidence, la plage dynamique offerte par les capteurs de différents boîtiers est de la plus grande importance dans cette discussion. Voilà ce qui conclut mon cheminement dans Camera RAW, il ne reste plus qu’à ouvrir l’image dans Photoshop afin de poursuivre la postproduction. Je suis certain que les contrôles de Camera RAW dont je viens de parler sont aussi disponibles dans votre Lightroom et que leur utilisation devrait produire les mêmes effets. NB, à l’exception de la 4e étape les valeurs dépendent entièrement de l’image à traiter. Quant à la 4e étape, les valeurs affichées devraient s’appliquer à environ 95% des images. Car, au risque de me répéter, ces valeurs tiennent compte du principe de ne jamais trop augmenter la netteté. Celle-ci devrait être ajustée en tout dernier et dépendant de la vocation de l’image (écran HD, Web, impression, etc). Et de ne jamais trop écraser le bruit, car vous perdrez beaucoup de netteté ce faisant. Voici donc l’image nef (RAW) avant les ajustements et après. Je vous invite à me faire part de vos commentaires ou questions. Vous trouverez en bas de page une image prête à mettre en ligne après l’avoir post traité dans Photoshop.. Cliquez dessus pour l’agrandir.

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People often ask me what steps I follow in Lightroom to optimize my RAW images. I don’t use Lightroom but rather Photoshop CC  because I find it too limited in its editing possibilities. I like using multiple layers and masks as I make my final edits. However, when you shoot RAW you obviously need to go through a RAW converter so that Photoshop can handle the data. This is where Camera RAW comes in. As soon as you double click on a RAW file in Bridge, it will automatically offer a Camera RAW window for the initial edits after which your image will open up in Photoshop. Bridge is the catalog/viewer which bundles with Photoshop. So here are the steps I follow in Camera RAW 95% of the time:

My first Step is to tell the program what lens was used for the shot so that the proper lens characteristic corrections can be applied. These will take care of chromatic aberrations inherent in a given lens and also minor distortions. I always check the “Remove Chromatic Aberration” and “Enable Profile Corrections” which gives access to the Lens Profile Drop-down Menu where you can select the lens used for that particular shot. In this case I was using the Nikon 200-500mm. You can also perform some manual corrections by going to the “Manual” tab such as correcting “barrel” or “pin-cushion” distortion, fringing and lens vignetting.

 

My second step is always to take advantage of the full dynamic range offered by the frame in question. This is done with the Exposure controls keeping an eye on the histogram and an eye on your white areas and your black areas. You can also click on the “clipping warning” boxes at each top extremety of the histogram to give an idea of how far you can go. I prefer to eyeball the whites and the blacks in the shot since I am always doing my edits on a recently calibrated screen. Once you have found maximum white and maximum black densities. Make sure that you have not blown the whites or the blacks (loss of detail) . If you whites are blown you can pull back on the “highlights” tab. Conversely, if your blacks lost all detail you can retrieve detail (if you had a correct RAW exposure to start with) by pushing the “shadows” box to the right.

My third step is to futher tweak the Exposure with the help of the “dehaze” filter which is available under the “FX” tab. This control is extremely effective as it works on several areas of the image at the same time but mainly on the mid-tones and the contrast. So, once you have found the most pleasing setting you may have to go back to the “exposure” tab to re-tweak the whites and blacks or possibly even the highlights and/or the shadows areas.

My 4th and final step is to adjust sharpness and control noise. As you know, when you shoot in .jpg mode the processor in the camera body does this automatically with little control on your part except for the parameters chosen before hand in the camera body menu. Professionals prefer to shoot in Raw since the final control can be applied selectively and on an image by image basis. This is why this 4th step is extremely important. Too much sharpening will have a deleterious effect on the image as it will also sharpen the noise inherent in the image and more or less present depending on the ISO settings, whether the image was properly exposed and the abiltity to manage noise which is also a function of the sensor brand, size and number of photo sites (pixels) used to gather the light. The more closely packed the photosites are, the more noise is generated in the process. The following settings are the ones I find work best with my equipment (Nikon D500 and D750). You may want to mildly adjust them according to your own equipment. But they can be used as a general basis. You will notice that I keep the sharpening amount to its preset value of 25. Reason is, I prefer to keep the final sharpening as my last edit in Photoshop itself. Final sharpening should always be a function of the size of the image to be viewed or printed. After all other adjustments espeically the final crop. But this is complicated and best reserved as material for a separate blog article. So, my first adjustment is the “radius” which I drop down to a value of 0.5. Next comes the “detail” value which I up to its max of 100%. That’s it for the “Sharpening ” section of this screen. Next is the noise control. As implied above, depending on sensor quality and size, ISO and proper exposure, over de-noising will cause a general loss of detail. So, here is what I do in Camera RAW in most cases (proper exposure and an ISO range that is properly managed by the camera sensor and processor). For my equipment, I usually achieve excellent to reasonable quality in an ISO range of 100 to 2000. So, the only control I am usually concerned with are the “detail” and “luminance” values. These are both grayed out by default. In order to make them active I add a digit of “1” on the first line (luminance). This will offer a preset of 50 on the second line (luminance detail) which is fine. I then punch in a figure of 50 on the third line (luminance contrast). Selecting a higher value could result in oversharpening and is best left to further edits in Photoshop depending on the end result in mind. There is usually no benefit in changing any of the defaults that pertain to color noise – the last three lines. I keep them at their presets of 25; 50 & 50. That’s it for Camera RAW. The rest of my workflow is all done within Photoshop. In other words the edits I just described are what will allow me to recompose (crop), adjust perspective and horizon, retouch deffects; remove unwanted elements, adjust hues and tones, add or subtract elements etc. My final step is always sharpness correction according to final use. I hope this answers some of your questions as far as the prep work is concerned and should encourage you to proceed to Photoshop. Lightroom is best at cataloging and minor edits. The heavy work is best done in Photoshop since it offers layering and masking capabilities. Here’s the side by side view of the image with the above settings applied. You will notice that the details in the white areas were preserved and that a nice range of tones from blacks to whites is also achieved. Finally, you will see the final image after having completed de final post-production in Photoshop for this image intended for Flickr or Fb. Click on the image to enlarge it into Lightbox.

Les oiseaux et le Flash / Flash photo and birds

(English text below)

On m’a souvent questionné sur l’utilisation du flash lors de prise de vues d’oiseaux. Que ce soit le flash intégré au boîtier ou un flash externe, voici quelques conseils. Mais avant tout, et juste pour rassurer ceux qui croient que le flash pourrait avoir un effet délétère sur la physiologie du sujet ou même de son comportement, rassurez-vous, il n’en est rien. Si c’était le cas, croyez-vous vraiment que des organismes comme l’UQROP le permettraient sur leurs sites ?

Voici donc les avantages de l’utilisation du flash qu’il fasse partie du boîtier ou qu’il s’agisse d’un flash externe, les principes sont les mêmes. L’avantage principal est certainement la faculté d’utiliser un ISO inférieur. On rêve tous de n’utiliser que l’ISO de base de son boîtier, car c’est celui qui nous procurera le moins de bruit possible. Malheureusement pour nous, dans la majorité des cas on voudra aussi bénéficier d’une vitesse d’obturation suffisante pour minimiser non seulement nos propres trépidations (si on n’est pas sur trépied) ou les mouvements continuels de l’oiseau – surtout les plus petits et les plus rapides (parulines, mésanges, roitelets, etc.).

La règle d’or voudra que l’on utilise au minimum une vitesse inverse à la longueur focale. Donc si votre focale est de 500mm, la vitesse minimum sera de 1/500e de seconde. Le grand problème avec ce principe c’est qu’il ne prend en compte que vos propres mouvements et pas du tout les mouvements de votre sujet. Bien entendu, les fabricants mettront de l’avant la stabilisation de leurs objectifs et/ou de leurs boîtiers. La preuve se trouve sur le terrain. Combien de prises bien nettes obtenez-vous habituellement ? Voilà la question. Même en plein été, un sujet dans l’ombre du feuillage peut faire grimper vos ISO dans une zone qui sera peut-être mal gérée quant au bruit les fabricants font de plus en plus de progrès dans la gestion du bruit, mais on est loin de la perfection. Que ce soit en raw ou en jpg. Bien entendu, les boîtiers pleins capteur auront un avantage sur les aps-c ou les 4/3. Et ceux qui auront une focale plus longue auront aussi une longueur d’avance sur les plus courtes, car ils seront moins enclins à rogner le cadre afin de créer l’illusion de proximité. J’ouvre une parenthèse sur la méthode que j’emploie afin d’augmenter mes chances de netteté, mais qui s’effectue aux dépens de l’ISO optimal. Comme je ne me sers presque jamais de trépied pour la photo animalière, je priorise soit la vitesse d’obturation, soit l’ouverture et je laisse flotter l’ISO afin d’atteindre une image bien exposée. J’utilise donc la fonction Auto-ISO. Mais voilà, ce qu’il ne faut absolument pas faire lorsque vous shootez avec l’aide du flash. Que ce soit votre flash intégré (si vous êtes assez proche du sujet afin qu’il soit utile) ou un flash externe que certains appellent le flash cobra. Si votre appareil est réglé sur Auto-ISO, vous n’arriverez pas a profiter de la totalité de la lumière produite par le flash. Même en mode TTL, que je ne le recommande pas du tout.

Alors voici, les étapes que je suis dès que je monte mon flash sur le boîtier. En passant, ne montez jamais un flash déjà allumé sur un boîtier, même si ce dernier ne l’est pas. Ou vice versa, car vous risquez de court-circuiter les contacts de votre flash. La procédure conseillée est de monter un flash éteint sur un appareil éteint (comme ça, aucun risque de court-circuit). Ensuite, allumer le flash en premier et l’appareil en second. Le conseil, bien entendu, vaut aussi lors du remisage du flash. Les contacts sur la monture de votre boîtier sont aussi vulnérables aux courts-circuits. Donc, éteignez toujours votre boîtier avant de changer d’objectif. Les étapes sont donc les suivantes: une fois le flash monter sur le boîtier, réglez-le au mode manuel, n’utilisez pas le mode TTL. Cela vous permettra d’utiliser toute la puissance de votre flash. En ce qui concerne les réglages du boîtier, vous avez le choix entre manuel, priorité-ouverture ou priorité-vitesse. Je préfère le mode manuel, car il me permet de choisir l’ouverture, la vitesse et l’ISO. Lorsque la scène le permet (un oiseau stationnaire tels un Petit-duc maculé par exemple ou une rayée ou une Lapone qui est en train de digérer, etc.) je règle mon flash sur sa puissance maximale et mon boîtier sur l’ISO auquel je fais le plus confiance – le plus bas tout en étant le plus sensible sans créer de bruit. Voilà mon premier test. Si la photo est surexposée, vous avez vraiment beaucoup de chance, car cela vous procurera l’occasion de faire plusieurs choix. Le premier: baisser encore l’ISO ce qui vous procurera une photo avec encore plus de piqué. Fermer l’ouverture, ce qui vous donnera plus de profondeur de champ, et/ou augmenter la vitesse d’obturation qui aura pour effet d’éclairer le sujet correctement tout en obtenant un arrière-plan de plus en plus foncé. Si par contre votre photo est sous-exposée malgré l’ouverture maximum offerte par votre objectif, et la puissance maximum de votre flash, il vous reste le loisir d’augmenter les ISO et/ou baisser la vitesse d’obturation à condition que votre boîtier vous le permette lorsque que flash est connecté. Certains boîtiers ont des capteurs, processeurs et micrologiciel qui gèrent mieux le bruit que d’autres. On voit clairement que le mode manuel est vraiment celui qui offre le plus de contrôle au photographe. Certains boîtiers n’autorisent une synchro flash qu’à 1/60s, d’autres 1/200s ou 1/250s, mais la plupart des boîtiers modernes autorisent des vitesses plus élevées. Il s’agit de lire son manuel d’instruction. Certains flashs permettent des synchros à très haute-vitesse, encore une fois, si cela vous concerne, il faudra enfin lire ce damné manuel qui rebute presque tout le monde.

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que à ISO constant et distance constante, l’ouverture contrôlera la totalité de la lumière qui sera captée, et, surtout, que la vitesse d’obturation contrôlera la lumière plus faible provenant de l’arrière-plan. Donc, si vous désirez un arrière-plan plus foncé jouez avec l’ISO et la vitesse (tout en respectant une plage qui garantira le meilleur piqué). Plus la vitesse sera grande, moins de lumière provenant de l’arrière-plan sera disponible au capteur. Pourquoi, simplement parce que la lumière réfléchie par votre sujet est beaucoup plus importante que celle de l’arrière-plan qui lui est situé plus loin du capteur. Un principe physique, généralement accepté en photographie, veut que la quantité de lumière sur un sujet soit inversement proportionnelle au carré de la distance entre la source lumineuse et le sujet. Donc si votre sujet est à un mètre du flash et que vous le déplacez à deux mètres du flash la quantité de lumière sur votre sujet sera 4 fois moins grande. Si vous le déplacez à 3 mètres du flash, la lumière sera 9 fois moins intense (le carré de la distance). Naturellement, ce principe ne s’applique pas à la lumière du soleil, car celui-ci est tellement distant que la position de votre sujet par rapport à votre capteur devient insignifiante. Lorsque vous utilisez votre flash, c’est lui qui devient votre soleil, la lumière ambiante affecte toute scène. À vous d’en prendre le contrôle. Ceci ne se veut pas un article exhaustif sur le flash, car il y en a tant à dire. Je voulais simplement expliquer comment je m’y prends dans la photo animalière (principalement celle des oiseaux) afin d’obtenir les résultats recherchés.

Dans un prochain article je traiterai de certains accessoires qui permettent d’amplifier la puissance de votre flash cobra.
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I’m often asked how I use an external flash when shooting bird photography. The following is my advice as it is what works best for me. Depending on the camera make and body used, the internal flash of your DSLR should probably offer similar possibilities. Obviously in Bird and Wildlife photography distance and flash power are the two most important things. The amount of light landing on the subject is always influenced by the power of the flash unit and the distance from light source to subject. It is generally governed by the principle of the law of inverse squares. Which means that for a given ISO, shutter speed and f-stop, if you increase the distance from flash to subject by two, the amount of light falling on the subject will be 4 times less. Conversely, if you halve the distance, 4 times more light will land on the subject. Let me also add that for those who hesitate to use flash when photographing birds, you can rest assured (I learned this from a renowned Raptor’s Clinic Doctor), their eyes are no more sensitive to flash than our own. It may attract their attention but they will soon ignore you and perhaps consider you as just another minor disturbance.
The main advantage of using flash is obviously to be able to use the lowest ISO possible so as to maximize image quality. As you know, the duration of the flash is often shorter than some of our fastest shutter speeds. So you can dial down your shutter speed and let the flash duration freeze the action in most instances. This will obviously allow you to use a lower ISO which will translate into less noise. This is very convenient as we are always trying to not only stabilize our own movement (when we are not on a tripod), but also freeze the movements of the subject itself. Especially smaller birds that flutter and move constantly. In my case, and many other photographers, I like to use Shutter Priority and Auto-ISO as in most low-light scenarios (since I need a high enough shutter speed to freeze the bird’s movements) the widest opening will almost always be selected by the processor/sensor. Using Auto-ISO in this case will compensate for the lack of light available for a proper exposure by increasing the ISO automatically. Obviously there are limits as to what we might accept as a manageable ISO in terms of noise. This depends mostly on the type of body used and on your personal quality acceptance threshold and whether you intend to crop or not to crop. Most recent bodies use better sensors and processors with firmware that is becoming incredibly good at managing noise. Also, the larger the sensor area the better. For an equal number of photo sites (pixels so to speak) a larger sensor will usually cause less noise than a smaller sensor as the photo sites will be less tightly packed and thereby give off less electrical interference (noise). A full frame sensor (Fx) with 20Mp will usually be less noisy than a half-frame sensor or crop sensor (Dx) with the same number of Mp’s in a make and model of equal quality.
However, and this is extremely important, you do not want to use Auto-ISO when you are using a flash, either internal or external. If you do, your camera Auto-ISO compensation will work against you. So, remember to turn Auto-ISO off, if, like me you have it on most of the time when not using the flash. Secondly, you do not want to use the TTL setting of the flash itself. Your subject is usually too far for this feature to work correctly, especially in daytime photography.
So here is how I use my flash/camera combo: 1) Use the manual mode (M) of you camera, use a speed that your flash is capable of synchronizing with the shutter curtain. Usually 1/200s or 1/250s. Some camera bodies (especially in the higher quality range) will synchronize at high speeds (HSS). You’ll have to read your manual or do a google search to find out. Remember the flash duration is usually what will end up freezing the movement of the subject. Camera movement can still be a problem especially with a very long lens and the efficiency of its stabilization mechanism. By putting your camera in manual (M) mode you are able to manage shutter speed, f-stop and ISO independently. 2) Use the manual mode of your flash as well, not the TTL mode (see above) I usually do some testing before even hoping to get the perfect shot. Remember, you are now fully manual. The only thing automatic at this point is your focusing system (hopefully). My first test shot always starts with putting my flash on its highest intensity. Depending on your flash make and model, this should look like 1/1. For example 1/1 vs 1/64 simply means at 1/1, your flash gives you max output and 1/64, 64 times less light. So start at max. Next, dial in the lowest ISO that you are comfortable with noise-wise and think about whether you are going to have to crop later on or use the full frame of the shot. Use the widest aperture of the lens at that particular zoom length.
If you test shot is completely over-exposed, you’re in luck. This means you now have three choices: you can stop-down the lens which will result in a greater depth of field or increase the shutter speed (if you gear permits high-speed sync) which will result in a darker background while keeping a proper exposure on the subject. Third option is, of course, to dial down the power of the flash itself. This third option if you prefer to go this route will make your batteries last longer and your flash will recharge more quickly, which means you’ll get more shots out of the same batteries. Obviously a shallower depth of field always offers a better separation of subject from background but may not put the whole bird in the sharpness area depending on your distance to the subject. A background darker than the well-exposed subject is often desirable as this as well will offer better subject to background separation. This is often a question of taste.
So, conversely, what to do if your way under-exposed. The reason you are under-exposed is related to flash power, subject distance, choice of ISO, and shutter speed. Obviously not the F-stop since you’re already at max. And not the power setting of the Flash which is already at 1/1. So, assuming you cannot get closer to your subject, you are now faced with the choice of increasing your ISO up to your own acceptable limit. In my case I am quite comfortable with ISO 2000, though I would much prefer ISO 100, especially knowing I end up cropping most of the time. The ability to correct with shutter speed will depend on how you body synchronizes the shutter curtain to the burst of flash (check your manual) and also whether you are tripod mounted or not. Obviously, if even in this latter scenario you still cannot get the picture you are either too far, your flash is not powerful enough or it’s night – in which case your auto-focus also has stopped functioning.
But wait !!! Here’s something else you can do. If you already have a very powerful flash and you are looking for more output, go buy yourself a Better Beamer or MagBeam Wildlife Modifier. But that will be the stuff of a separate article.